Vaginale ou clitoridienne?

Fruit-Fingering-Stephanie-S

Vous vous souvenez de ces espèces de quizz à la con qui opposaient 2 choses, et ou il fallait choisir sans réfléchir?
C’était toujours une liste de questions sous la forme « thé ou café? » « bière ou vodka » « des bras en chocolat ou mon cul en pain d’épices »…
Y’en avait sur Facebook, ça tournait sur Twitter, tu les retrouvais même sur les applis de rencontre, quand des gars qui se croyaient originaux abandonnaient le traditionnel « Salut ça va » et se lançaient dès leur premier message dans le copier-coller sans intérêt.
(Un jour, j’en ai eu un qui a pimpé la liste…Glorieuse montée en puissance depuis « ciné ou série » jusqu’à « pipe ou sodomie ». Subtile façon de se renseigner sur mes préférences sexuelles, A+ pour l’effort).

J’ai toujours trouvé ça crétin: non seulement on n’avait absolument aucune raison de se poser ces questions, mais en plus, à la fin, on n’en avait pas appris plus sur nous-mêmes.
Vaginale ou clitoridienne, c’est pareil.

Les choix binaires, c’est de la merde. Le plaisir, c’est plutôt « Salade-tomate-oignons » que « frites ou potatoes ».
J’entends par là que ce n’est pas soit l’un soit l’autre, mais plutôt tout un tas de saveurs qui s’additionnent et se soustraient en fonction des moments et des envies…

Déjà, c’est la théorie du complot dans tes organes génitaux: tout est lié.
Genre, le clitoris. Censé procurer des « orgasmes clitoridiens », via une stimulation externe. Bah ce clitoris est aussi super étendu en interne. Pour tout dire, il encadre carrément l’entrée vaginale, donc quand la stimulation de cette zone est agréable, ça veut dire que tu stimule aussi les racines du clitoris.
Le point G, idem. C’est censé être le graal de « l’orgasme vaginal ». Et le point G, il se compose (entre autres) d’une partie du clitoris. Mais il se stimule en passant par l’intérieur du vagin.
MINDFUCK! Stimuler son vagin, ça serait aussi stimuler son clitoris? Bah ouais. La thèse des 2 orgasmes bien distincts, désolée mais ça ne tient pas.
TOUT
EST
LIE.

Le truc énervant, c’est qu’on parle toujours d’orgasme clitoridien et d’orgasme vaginal. Genre c’est deux trucs complètement différents. Please stop.
On entend encore aujourd’hui des sexologues et des psychiatres t’expliquer doctement que l’orgasme clitoridien, c’est celui de la petite fille, alors que l’orgasme vaginal est plus profond, plus mature, que c’est celui de la Fâââme avec un grand F et beaucoup d’accents circonflexes. Merci de nous coller la pression hein.

Sauf que l’orgasme, c’est une réalité physiologique très simple: à force de stimuler les récepteurs sensoriels, ça les rend complètement oufs. Ils finissent par balancer un signal électrique et déclencher des contractions rythmées du périnée. Voilà. Un orgasme, c’est ça, et c’est TOUJOURS ça. TOU-FUCKING-JOURS.

Mais du coup, pourquoi on à des orgasmes divers et variés? Si c’est toujours la même chose, pourquoi j’ai l’impression que c’est jamais pareil?
Par ce qu’en vrai, l’orgasme, c’est la Place de l’Etoile: ça sera toujours le même Arc de Triomphe au milieu. Mais selon la rue par laquelle tu l’abordes, tu le verras chaque fois selon un angle différent.
C’est ça, le secret : l’orgasme reste le même, c’est juste la façon de l’obtenir qui change. Alors se définir comme vaginale ou clitoridienne, c’est un peu comme de se barrer des points d’accès, et ce de façon totalement arbitraire.
On peut ne vouloir s’occuper que du gland du clitoris, ou préférer se tripoter l’intérieur du vagin: ce sont des préférences, pas des réalités anatomiques. Déclarer qu’on est soit tout l’un, soit tout l’autre, ça induit une dichotomie qui n’a pas lieu d’être, et qui peut même virer au complexe pour celles qui se croient incapables de jouir autrement.

Et puis…ya la tête.
Le cul, c’est à la fois de la plomberie et de la rêverie. Ca implique autant les organes génitaux que le cerveau, et tout un tas d’autres zones érogènes dites « secondaires ».
On est tout à la fois en fait. Clitoridienne, vaginale, cérébrale, nichonale, qu’est ce que j’en sais…et surtout qu’est ce qu’on en a à faire tant qu’on prend son pied?

Photo par Stéphanie Sarley

 

7 commentaires sur “Vaginale ou clitoridienne?

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  1. Je te suivais déjà à l’époque de Tête-de-thon. J’adorais déjà à l’époque. Mais avec la vie, j’ai arrêté de te suivre. Et puis avant-hier, je me suis demandée « Mais tiens, qu’est-ce qu’elle devient ? ». Du coup je suis allée faire un tour sur ton Instagram. Que j’ai putain de dévoré !

    Quand je te dis que je l’ai dévoré, je suis vraiment sérieuse. C’était frénétique. Après chaque photo, j’attendais la suivante. Et, de fil en aiguille, je suis arrivée ici.

    Puis, j’ai été prise par autre chose. Les obligations. Mon chien qui voulait sortir, mon mec qui avait besoin d’un truc. Bref. Du coup, j’ai fermé Instagram et laissé ton blog (que j’ai évidemment lui aussi dévoré en 15 minutes).

    Et là, gros coup de blues. Grosse remise-en-question-frustration-auto-flagellation. De te voir aussi belle, charismatique et épanouie, d’être comme tu es, et de manière toute naturelle, en plus, ça m’a juste rappelé que je ne suis pas comme ça. Cette sensualité que tu dégages, avec tant de sensibilité. Ce côté femme sauvage pleine de douceur que tu laisses transparaître. Un aplomb de dingue hyper fragile…

    Et là, mon cerveau a, je ne sais pas comment, totalement vrillé. En fait, tes photos, ton corps, ta nudité, ce sourire épanoui qui revient très souvent sur tes photos, ça m’a donné UNE DE CES ENVIES DE BAISER !!!

    Parce qu’en fait, de te voir aussi belle, sensuelle et naturelle, ça m’a surtout rappelé que j’étais une nana qui aime le cul, malgré mes poils aux pattes qui repoussent, mes racines dégueux, mon bouton sur le boob et mon pyjama d’ado. En fait, ton Instagram, il m’a fait l’effet d’une grosse conversation de cul entre copines. Et moi, les grosses conversations de cul entre copines, ça m’a toujours émoustillée. C’est un moment à nous, où on peut parler sans pression, de manière crue, voire carrément vulgaire, où on peut assumer notre côté chagasse-chiennasse sans se prendre des saloperies sexistes à la gueule. Juste nous, notre bière, nos culs, nos chattes, nos envies et nos fantasmes.

    Donc pour finir, MERCI, un ÉNORME MERCI, parce que ça faisait une éternité que je n’avais pas eu ce genre de conversations, que ça m’avait grave manqué, et qu’après, je me suis libérée d’un poids et ça a été le feu d’artifice au lit avec mon mec !!! MERCI parce que, sans le vouloir, t’as quand même bien contribué au pied que j’ai pris hier et à cet élan de self-confidence qui m’a boostée !

    *coeurscoeurscoeurs*

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    1. Je crois que tu t’imagine même pas à quel point je suis émue de lire ça, genre vraiment. VRAIMENT.
      Par ce que bordel, si ce que je fais peut inspirer ne serait-ce qu’une micro-seconde de confiance en soi, une bonne baise, un ego-boost, j’ai tout gagné.
      Ca fait 3 fois que je te relis, et ça me colle des coeurs dans les yeux ❤
      Merci fort

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  2. Mes premiers orgasmes étaient « clitoridiens » et le sont restés pendant longtemps… Du coup, un peu comme tu le racontes, je me suis barrée certains accès, avec une mécanique bien huilée, un chemin tout tracé. Et boum, surprise, ça a changé avec le temps. Bref bref bref 😛 Super super article, super réflexion etout. Thanx pour ce bon moment de lecture 😀 😀 😀

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