La mécanique des fluides : les bases de la lubrification

Quand j’étais en prépa, j’avais un prof de physique qui m’a grave marqué. Il ressemblait au Pingouin, petit, court sur pattes, il se dandinait entre les tables et terrifiait l’intégralité de la classe. Il faisait partie de ces vieux profs blasés qui ne se donnent même plus la peine de retenir les noms de leurs élèves et qui se contentent de les pointer du doigt (je me rappelle, lui, il appelait les garçons Joseph et les filles Josepha). Chaque semaine, on avait des interrogations orales, en face à face, et il me faisait tellement flipper que je me dessinais parfois des cernes au crayon vert histoire de lui faire un peu pitié. Ca ne marchait jamais.
Faut dire que j’avais plus tendance à rouler mes clopes sous la table qu’à mémoriser ce qu’il me racontait. J’étais une très mauvaise Josepha: la physique ça me passionnait vraiment pas.
Bref, je me rattrape aujourd’hui, par ce que si la poussée d’Archimède et les lois de l’optique me passent toujours 3 kilomètres au dessus de la tête, ya quand même un truc que je maîtrise: c’est la mécanique des fluides.

Enfin quand je parle de fluide, je veux parler de ceux qui s’écoulent tranquilles dans nos slips. Par ce que franchement, si ya bien un truc qui m’énerve dans le rapport qu’on à à la vulve, c’est la façon dont on gère ces sécrétions.

A force de ne jamais en parler, on se retrouve super gêné-e, voir culpabilisé-e, dans tous les cas pas du tout informé-e. Et vas-y que j’ai peur que ma mouille sente mauvais. Et j’ai envie de mon-ma partenaire et pourtant là en bas c’est la sécheresse. Et vas-y que j’ai peur que ça dégoûte quand je mouille trop…

Bref, accroche toi Joseph-a, c’est parti: la lubrification, comment ça marche? Ca sert à quoi?

En gros, ya 3 grand systèmes qui entrent en jeu
un mucus secrété par le col de l’utérus (aka la glaire cervicale), qui se trouve tout au fond du vagin. Son rôle, c’est de protéger le col de l’utérus, tranquille, le mec il se fait sa petite armure anti-bactéries.
un liquide qui transpire des parois vaginales (oui, qui transpire, ça fait pas rêver mais c’est comme ça) et qui assure la lubrification interne. On appelle aussi ça la « transsudation vaginale ». Il permet de protéger les parois vaginales, et d’éviter les irritations lors d’une éventuelle pénétration.
un liquide secrété par 2 ensembles de glandes (glandes de Skene + glandes de Bartholin) et qui sert à lubrifier la vulve (donc les parties externes). Ces 2 glandes sont placées de part et d’autres de l’orifice vaginale: 2 en bas, 2 en haut, et fabriquent ce que l’on désigne sous le glorieux terme de cyprine (ou encore: « la mouille »). Son intérêt?  Protéger les zones sensibles des frottements et faciliter l’intromission.

SKENE BARTHOLIN

Le premier système fonctionne en permanence, les deux suivants arrivent généralement sous l’effet de l’excitation sexuelle.

Je dis « généralement » pour une bonne raison: rien n’est automatique.

Parfois, on mouille de façon purement mécanique. Genre, des raisons hormonales. Ou bien par ce que ta chatte passe en mode survie (lors d’un viol par exemple: foutue pour foutue, un processus physiologique s’enclenche pour atténuer les frictions).
C’est important de savoir qu’une personne qui mouille, ce n’est pas forcément une personne qui consent. Et que le meilleur moyen pour savoir si iel est d’accord, c’est encore de lui demander plutôt que de se fier à ce qui est humide – ou non – dans sa culotte.

Parfois aussi, on a très envie, mais on ne lubrifie pas. Encore une fois, les hormones. Ou l’alcool. Ou tout un tas de raisons trop techniques pour que je les maîtrise tout à fait.
Mais une personne qui ne mouille pas, ça n’est pas forcément une personne qui ne veut pas. Tu peux très bien avoir grave envie de la personne en face de toi, et que rien ne se passe là en bas: ça ne sert à rien de culpabiliser, il suffit juste de communiquer. Et inversement: si ton/ta partenaire mouille pas, ça ne vient pas forcément d’un manque d’envie de toi. L’astuce reste la même (c’est fou je sais): demander.

Et pourquoi c’est cool de lubrifier?
Par ce que ça permet au vagin de rester sain, et que le sexe c’est quand même vachement plus sympa quand ça glisse bien. Les muqueuses, c’est fragile, du coup le corps créé un  film protecteur dessus pour les protéger des frottements et des irritations.
Pas seulement celles qu’on ressent lors d’une pénétration, ça marche aussi pour les caresses externes! Masturbation, cunnilingus, fellation, c’est toujours moins bien quand c’est tout sec.

(A suivre sur ce vaste sujet:
– l’éjaculation chez la femme/les personnes assignées femmes
– comment choisir son lubrifiant)

2 commentaires sur “La mécanique des fluides : les bases de la lubrification

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  1. C’est rassurant de voir que je ne suis pas « anormale »… Je mouille seulement par raison hormonale.
    Ça ne m’empêche pas d’avoir des orgasmes seule ou avec mon mari fort heureusement ! C’est juste chiant !!
    Vraiment hâte de lire l’éjaculation chez la femme !! Savoir est ce que toute femme peut en avoir ? Ça doit être génial le ressenti ! Merci pour tous ces articles

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    1. Aaaaah ravie d’avoir pu être utile 🙂
      En vrai, le concept de normalité/anormalité dans le sexe est complètement abscons (et culpabilisant), du coup je suis contente de t’avoir un peu rassurée.
      (Spoiler: oui, on peut toutes éjaculer)

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